Le Karatedo (Karate) ou « l’Art du combat à mains nues »

 

Difficile de parler du Karate sans évoquer son pays d’origine : Le Japon. Cette grande puissance économique moderne a su tirer les enseignements de son histoire pour devenir leader dans de nombreux domaines.
Le karate est à l’image de son pays d’origine : sport moderne, efficace, emprunt de valeurs historiques et culturelles ancestrales.
Je ne chercherai pas à démontrer dans mes propos la valeur du Karate puisque je m’adresse aujourd’hui à des experts. Je tiens simplement à resituer le karate dans sa pratique Martiale.
Depuis sa codification au début du XX siècle par M° Gichin Funakoshi, le Karatedo a su évoluer et s’adapter tout au long de ces décennies. Présent dans la plupart des pays, le Karatedo s’est parfaitement intégré à notre époque.
Art Martial de défense, le Karatedo puise sa force dans l’exécution de ses mouvements (pieds/poings). L’explosivité de ses techniques en a fait sa force et sa renommé. Basé sur les critères du Bushido (voie du Guerrier), le karaté excelle dans l’efficacité de ses techniques contre un ou plusieurs adversaires.
Plusieurs écoles représentants des styles différents sont apparues mettant en évidence les caractères des maîtres fondateurs :
Shotokan Ryu, Wado Ryu, Shito Ryu, Goju Ryu et bien d’autres encore … il est donc possible pour chacun d’entre nous de trouver un « Karate » qui lui convienne.

Difficile de parler du Karate sans évoquer aussi le Kobudo. Le travail des armes anciennes est lié par ses origines (Okinawa) comme par ses techniques (kata) au Karatedo. La transmission des techniques et la détention d’armes étant prohibées, les Okinawaïens ont du contourner ces restrictions. Les outils agricoles sont donc devenus des armes extrêmement efficaces.

Voilà donc un programme déjà bien chargé pour qui veut aller au bout de sa pratique.
Karate traditionnel, travail du Kobudo, de quoi bien remplir ses longues soirées …

Karate : développement personnel

Depuis sa codification par Maître Funakoshi, le développement personnel est au cœur de notre pratique.
Pour reprendre ses propos :
« l’Art ne fait pas l’homme, l’homme fait l’Art »
« Le Karate do a pour but d’entraîner l’esprit et de développer une conscience claire afin de nous permettre de faire face au monde en toute lucidité, tout en développant extérieurement une technique susceptible de vaincre de féroces bêtes sauvages »
Je serai tenté de dire que si le Monde a évolué, il ne s’est pas pour autant élevé spirituellement. La pratique du karate reste donc d’actualité !

La pratique de notre Art Martial repose sur deux piliers fondamentaux :
1/ Les Katas
L’étymologie japonaise de kata signifie « forme ou moule ». Il s’agit donc d’une codification technique de mouvements, de positions et de déplacements conventionnels.
Ils sont essentiels dans notre pratique pour forger notre corps et notre esprit. La répétition des mouvements sculpte notre technique et forge nos « sabres ».
Dans l’étude des Katas Shotokan, il existe deux grandes écoles :
L’école Shoreï privilégie le développement de la force physique et de la puissance musculaire (ex :Tekki, Jitte, Jion Hangetstu …)
L’école Shorin, insistera plus sur la vivacité des techniques (Heian, Bassaï, Kanku, Enpi, Gangaku …)
La complémentarité de ceux deux écoles se retrouve dans l’étude équilibrée des katas.
Mon but ici n’est pas de décrypter le travail des katas mais simplement de souligner l’importance de leur pratique.

2/ Le Kumite
L’application pratique des techniques, ou assauts conventionnels s’étudie à divers niveaux :
« Kake Dameshi » test de résistance qui pourrait être considéré comme la première épreuve du Combat. Ensuite interviennent les deux formes fondamentales :

1- « Yakusoku Kumite » techniques déterminées à l’avance.
a) Tanren Kumite : Entraînement de base (Migamae, Kigamae et unsoku) préparation du corps et préparation physique et mentale avec déplacements
b) Kihon Kumite techniques fondamentales sur différentes positions.
Kihon Ippon Kumite et Kaeshi Ippon Kumite
c) Yakusoku Jyu Kumite (Jyu ippon Kumite et Okuri Jyu Ippon Kumite)

2- Jyu Kumite : exécution libre dans les mouvements de Tori et de Uke.
a) Kyogi Kumite
b) Shiai Kumite

A partir de ces deux piliers fondamentaux, nous avons la structure pédagogique nous permettant d’évoluer dans notre enseignement et dans notre pratique. Heureusement celle-ci s’est modernisée favorisant ainsi un accueil du public plus adapté.
Cependant, même si le Karate est aujourd’hui pratiqué avec des adaptations que Maitre Funakoshi n’aurait même pas envisagées, il ne doit cependant pas se détourner de son objectif. Se contrôler pour maîtriser les évènements.
Bien entendu l’élévation mentale de l’individu reste une condition liée à la progression.

La citation suivante semble plus adaptée à notre pratique martiale
« Si vis pacem, para bellum »
Cette locution latine pourrait être un adage du Karate (si tu veux la paix, prépare la guerre). Il faut comprendre si tu veux la paix, prépare des guerriers. Il est donc nécessaire de travailler, éduquer, se soumettre à rude épreuve. La violence est ainsi transcendée… Encore une fois notre époque et ses travers, nous condamne à être prêts en toute circonstance. Et c’est ici que se trouve la voie de l’Art Martial ! Nous devons nous fier à nos habilités et non à la chance si l’on doit combattre.

Cependant, toutes ces années m’ont permis d’affiner ma technique et mon mental, mais aussi paradoxalement de fragiliser mon corps. L’entraînement quotidien a bien entendu fortifié celui-ci, mais en même temps, usé prématurément certains régions articulaires (genoux, hanches, dos pour ne citer que les plus importantes). Devant cette prise de conscience, il était temps, non pas d’arrêter (on ne peut pas se sevrer du nectar), mais de trouver des solutions à ces maux quotidiens.